Renforcer un chandail de laine: les motifs complexes

remaillage d'une torsade à 2 mailles avec un fil contrastant

Je vous ai parlé de renforcer (ou repriser ou remailler) un chandail de laine et je vous ai exposé ma technique dans cet article – l’un des articles les plus lus de ce blogue. J’ai utilisé cette technique pour réparer le chandail qui sert d’exemple une bonne douzaine de fois, en plus de la fois où j’ai complètement refait le bas y compris les côtes. Cependant, j’ai senti le besoin de détailler la technique pour des motifs plus complexes. Pourquoi? J’ai eu besoin de renforcer des câbles ou torsades, du point de riz et d’autres motifs et je n’ai pas trouvé de ressource utile pour m’aider. En anglais, en français, en utilisant différents moteurs de recherche, réseaux sociaux… Peut-être fallait-il chercher en allemand? Considérez cet article comme une extension, comme un défi supplémentaire une fois la technique de base maîtrisée. Pour rappel, le lien vers l’article original:

Renforcer un chandail de laine: une technique passe-partout

Une seule maille est suffisante pour ruiner votre chandail de laine adoré. Par un hasard incroyable, Monsieur a réussi à briser bien exactement une maille sur le coude d’un chandail de laine, ce qui permet de démontrer de façon très concrète que: la force d’une chaîne dépend de son maillon le plus faible. Trêve de…

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Vous êtes toujours là? Allons-y donc pour l’un des projets les plus difficiles du point de vue technique sur ce blog (à ce jour du moins…). Et attention, ici je double des mailles (je renforce) dans des motifs complexes, qui est une sorte de travail de prévention. Je n’ose pas imaginer la difficulté s’il y avait un trou et qu’il fallait faire le même travail avec des mailles manquantes!

Dans mon dernier article, la technique passe-partout que je vous proposais reposait essentiellement sur le fait que l’on peut voir les mailles et les rangs, que l’on peut les suivre et ainsi les répliquer. Voyons ci-dessous l’un des coudes que j’ai renforcés (à droite) – très difficile de décerner les mailles et les rangs avec toutes ces variations qui je le concède sont très intéressantes d’un point de vue esthétique! Un élément clé de la technique passe-partout, qui est de s’assurer de rester sur le même rang tout au long de la réparation, devient très difficile à exécuter.

Je vous propose donc un raffinement de la technique passe-partout qui vous permet de remailler presque n’importe quel patron complexe : le guide en fil à coudre. Je vous rassure, je vous montre aussi plus bas la méthode pour une petite torsade et le point de riz.

Créer son guide avec du fil à coudre

Quand vient le temps de repriser un motif complexe, on se heurte à un problème: on se trompe presque toujours au démarrage d’un travail aussi compliqué. Par exemple, on change de ligne par inadvertance, on interprète mal le motif… Il faut ensuite défaire, reprendre, défaire, reprendre jusqu’à avoir 2 ou 3 rangs qui peuvent ensuite servir de guide pour la suite. J’ai trouvé que ces premiers rangs sont très difficiles à faire et que toutes ces reprises abîment la laine. C’est là que j’ai eu l’idée de remailler les premiers rangs avec du fil à coudre: facile à retirer quand on se trompe et facile à voir pour la suite. Ces premiers rangs deviennent donc le « guide » pour la suite. Voyez dans l’exemple ci-dessous comme on peut facilement se tromper: certaines mailles ont l’air d’appartenir au rang précédent ou au rang suivant. Et pourtant… non!

Exemple de guide en fil à coudre

On démarre donc avec un fil à coudre contrastant avec la laine – par exemple un « beau » vert lime restant d’un autre projet – et une aiguille à laine. Pourquoi l’aiguille à laine qui est si grossièrement trop grosse pour le fil à coudre ? Car celle-ci aide à ne pas piquer dans la laine (ce qui rendrait le fil très difficile à retirer) tout en suivant ses aventures. Une fois le fil enfilé, on démarre comme si on reprisait, mais quelques rangs plus haut ou plus bas que la zone cible de la réparation. De cette façon, une fois notre guide en fil à coudre terminé, on peut commencer avec la laine au bon endroit.

Ensuite, pas de magie, on tente au mieux de suivre le cours de la laine en suivant le motif comme je le montrais dans mon article original et on le suit pour un seul rang jusqu’à avoir atteint la largeur cible de notre zone de réparation. Si vous avez tricoté vous-même le chandail et que vous avez encore le patron, ça peut être un outil très aidant. Une fois le rang en fil à coudre complété, il vaut la peine de décoller le nez de son ouvrage pour voir si tout semble droit – il est fort possible que non, auquel cas vaut mieux retenter tout de suite que de repousser le problème à plus tard, à moins d’avoir déjà essayé à plusieurs reprises.

Une fois le premier rang terminé et validé, on en démarre un nouveau, si possible avec une autre couleur de fil contrastant. Pourquoi une autre couleur? Car je me suis trompée de nombreuses fois en faisant le premier rang et j’ai trouvé que la différence de couleur aide à s’y retrouver. Évidemment c’était pour le deuxième coude que je n’ai pas photographié… On peut considérer la deuxième couleur comme un test. Si on suit la laine, en s’aidant de notre rang de fil à coudre (bien sûr), et qu’on ne trouve aucune erreur, que tout est droit, c’est probablement parce que tout est bien fait! Et si ça vous arrive du premier coup: wow! Vous avez trouvé de petites coquilles comme moi ? Normal! Il vaut la peine de prendre le temps de les corriger. Ensuite, il est temps de passer à une prochaine couleur et de reprendre le processus pour une ligne supplémentaire pour s’assurer que tout est en ordre avant de commencer la réparation.

Si vous vous sentez confortable avec le guide en fil à coudre, il est temps d’enfiler la laine et de commencer la réparation. Vous trouverez plus bas deux exemples si le cœur vous en dit.

Remaillage de torsade à 2 mailles et point de riz

Ici sont listés deux points que j’ai utilisés pour cette réparation et les petits tutoriels pourraient vous éviter l’étape du guide en fil à coudre.

Point de riz

Commençons par le point riz, qui est le plus simple des deux tutoriels. On reconnaît le point de riz aux petites bosses et vallées régulièrement espacées, qui sont formées par l’alternance des mailles endroit et envers.

Le remaillage de ce point est une variation sur le point jersey du premier article, modifié pour accommoder les mailles envers du point de riz. L’animation suivante montre les étapes qui sont détaillées par la suite.

Pour ceux qui préfèrent le texte, la séquence consiste à passer la laine :

  • par-dessus une patte puis sous la prochaine
  • à la prochaine maille, par-dessus les deux pattes
  • à la prochaine maille, sous la première patte puis par-dessus la deuxième
  • à la prochaine maille, sous les deux pattes
Par-dessus la première patte, sous la deuxième
Par-dessus les deux pattes
Sous la première patte, par-dessus la deuxième
Sous les deux pattes

Tous les rangs sont similaires, mais on décale d’une maille au suivant. Par exemple, en suivant la séquence ci-dessus, le deuxième rang commence avec sous la première patte puis par-dessus la deuxième.

Torsade 2 mailles

La torsade dont fait l’objet l’article fait 2 mailles de large au total, c’est à dire qu’une maille passe sous une autre, voir par exemple la photo ci-dessous.

La torsade 2 mailles la plus simple à remailler car on y voit mieux toutes les mailles que pour les torsades plus grosses. Cependant, une fois la torsade à 2 mailles maîtrisée, on peut appliquer le même principe aux plus grosses. L’animation suivante montre les étapes qui sont détaillées par la suite.

Dans l’animation, on voit qu’on commence par un rang en jersey en fil orange clair. Selon le motif spécifique du chandail à réparer, vous pourriez reprendre ce rang plusieurs fois si la torsade a un look très allongé.

Au second rang dans l’animation, les mailles sont « tordues » pour créer la torsade et c’est là que le tout se complique un peu, car il faut suivre la torsion des mailles – voir le fil bleu clair ci-dessous. Habituellement, ce type de rang est suivi d’au moins un rang régulier tel qu’expliqué ci-dessus.

Ainsi, pour la torsade montrée dans l’animation et les dessins (les mailles pourraient être « tordues » dans le sens inverse sur votre chandail, dans ce cas commencer par l’étape suivante puis revenir ici ensuite), plutôt que de doubler la maille directement au-dessous de la maille où l’on se trouve, on passe sous une maille tordue pour aller doubler la maille en diagonale, puis on revient à notre maille initiale. Je propose d’utiliser la tête de l’aiguille plutôt que sa pointe pour passer sous les mailles de la torsade. Effectivement, cela réduit le risque d’erreur pour moi car je pique moins souvent dans la laine.

On se glisse sous une maille tordue pour aller doubler la maille en diagonale
Après avoir doublé la maille, on se glisse à nouveau sous une maille tordue pour revenir à notre maille initiale

Pour la deuxième maille de la torsade, on va directement doubler la maille en diagonale.

On double la maille en diagonale en passant par-dessus une maille tordue
On revient à notre maille initiale en passant par-dessus une maille tordue

Si on prenait une torsade plus large, par exemple une torsade à 4 mailles, les mailles sont encore plus « tordues », c’est à dire que plutôt que d’aller doubler la maille en diagonale, on double une maille plus loin. En soi, le concept peut être absorbé en regardant des patrons de torsades à 4 mailles (je vous propose celui-ci). Ce qui a été vraiment difficile pour moi, c’était de bien voir les mailles car elles sont très très serrées. Pour m’aider à y voir plus clair, je porte souvent une lampe frontale de camping, rien de tel pour y voir clair!

J’espère que vous vous sentez maintenant en confiance et que vous êtes outillés pour réparer votre chandail préféré!

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