C’est la saison de Noël et, si vous être vaguement intéressés par les cadeaux, les tissus ou les arts du papier, les algorithmes des réseaux sociaux ont sans doute commencé à vous chanter les louanges du furoshiki, l’emballage « zéro déchet » à saveur d’appropriation culturelle. « Tellement mieux que le papier! C’est la solution écologique! » Certes, les emballages cadeaux finissent généralement aux poubelles en quelques minutes. Cependant, de là à les remplacer par un tissu acheté pour l’occasion, il y a un pas à ne pas franchir. Pourquoi?
J’ai adapté au papier d’emballage ma recherche assez en profondeur sur les mouchoirs réutilisables – vous trouverez les sources dans l’article. Gardons en tête que nous comparons ici deux scénarios dans lesquels on achète les items neufs. Revenons à donc notre question: pourquoi le tissu en remplacement du papier d’emballage est-il une fausse bonne idée? En quelque mots: parce que l’impact de la fabrication du tissu est largement plus grand que celui de la fabrication et de la disposition du papier. Trois raisons principales:
- Le papier d’emballage est beaucoup plus léger qu’un tissu d’emballage. Le papier requiert donc beaucoup moins de matière que le tissu, ce qui rend son impact moindre.
- Les fibres utilisées pour fabriquer du tissu, même naturelles et biologiques, nécessitent une quantité énorme de ressources (eau, surface de culture, énergie) tout au long de leur processus de fabrication depuis le champ jusqu’à l’atelier de couture. Le papier est lié aux coupes forestières, mais n’oublions pas la fabrication de tissu, notamment le coton, entraîne également la destruction d’écosystèmes. Quant aux matières synthétiques (papier brillant ou à texture de plastique, tissu fait de polyester), l’effet n’est qu’empiré en raison des émissions de gaz à effet de serre liées à la production des dérivés du pétrole.
- Le papier d’emballage génère des déchets, certes, mais la disposition ne représente qu’une petite partie de l’empreinte écologique du papier. L’impact de la fabrication est bien plus grand.
Bref, si vous avez à choisir du neuf, il vaut mieux choisir un papier d’emballage ne contenant pas de plastique. Le plus mince (et probablement donc le moins cher) sera le mieux. Dans le cas des mouchoirs en tissu, l’un des estimés recensés dans mes recherches mentionnait qu’il fallait les utiliser 100 fois pour qu’ils soient plus écologiques que les mouchoirs jetables. Quand on parle d’un objet d’usage quotidien, c’est relativement raisonnable: on y arrive en 2 ou 3 ans. Quand on parle cependant d’un objet utilisé quelques fois par année comme un tissu d’emballage, il faut penser le garder pendant des décennies pour le « rentabiliser » d’un point de vue écologique. Tout un engagement!
Quelles sont donc vos options pour un emballage écologique? Toujours les mêmes: utiliser un papier ou un tissu que vous avez déjà, idéalement de telle façon à pouvoir le réutiliser encore plus tard (par exemple sans le couper, le percer ou changer son apparence). Plate de même comme on dit au Québec, « ennuyant comme ça » pour nos cousins outremer!
Merci tout spécial à Benoit MG de m’avoir inspiré cette montée de lait! C’est officiellement l’article écrit le plus rapidement sur ce blog. J’espère que vous apprécierez cette magnifique photo de couverture offerte par l’intelligence artificielle. Joyeuses Fêtes!
